George
* le deuxième texte

           

Marceline Desbordes-Valmore - La Veillée du nègre


Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore - La Veillée du nègre

Extrait de : Marceline Desbordes-Valmore, Romances, 1830 (acheter l’œuvre)

Extrait proposé par : Yann Houry


À propos de cet extrait :

Le mot « nègre » a été emprunté à l’espagnol « negro » (= de race noire), qui provient du latin « niger » (= noir). Au XVIIe siècle, le mot « nègre » a pris le sens d’ « esclave noir ».

Aujourd’hui, ce mot est évité à cause de sa valeur péjorative et raciste.


(licence Creative Commons BY-SA, Yann Houry)
Texte de l'extrait (source) :

Le soleil de la nuit éclaire la montagne,
Sur le sable désert faut-il encor rester ?
Doucement dans mes bras laisse-moi t’emporter ;
Bon maître, éveille-toi ! marchons vers la campagne.
    Tes yeux sont clos1 depuis trois jours :
    Maître ! dormiras-tu toujours ?

L’orage dans son vol a brisé les platanes2 ;
Le navire sans voile a disparu dans l’eau :
De ton front tout sanglant, j’ai lavé le bandeau ;
Marchons, les pauvres noirs t’ouvriront leurs cabanes.
    Tes yeux sont clos depuis trois jours :
    Maître ! dormiras-tu toujours ?

Je voudrais deviner ton rêve que j’ignore.
Oh ! que ce rêve est long ! finira-t-il demain ?
Demain, en t’éveillant, presseras-tu ma main ?
Oui, je t’appellerai quand j’aurai vu l’aurore.
    Tes yeux sont clos depuis trois jours :
    Maître ! dormiras-tu toujours ?

Mais la lueur du jour s’étend sur le rivage,
Le flot porte sans bruit la barque du pêcheur ;
Viens ! … Que ton front est froid ! quelle triste blancheur !
    Oh ! maître ! que ta voix me rendrait de courage !
    Tes yeux sont clos depuis trois jours :
Maître ! dormiras-tu toujours ?


1. Fermés. Le mot désigne également un terrain clos (fermé, clôturé) de haies ou de murs. En ce cas, c’est un nom.
2. Grands arbres pouvant atteindre de 25 à 55 m de haut, à écorce lisse se détachant par plaques.